Martine Wijckaert

un chemin

De l’amour à la solitude

J’intitule comme tel cette période car c’est alors que l’esthétique qui s’était développée jusqu’alors a débouché sur un désir d’écrire selon sa propre réalité mouvante et de faire de certains aspects emblématiques du vécu de la matière fictionnelle.

Et dès lors, c’est tout en continuant d’entretenir un rapport singulier avec l’espace, qu’un projet global d’écriture a vu le jour, sans volontarisme, cependant que sous-tendu par une thématique d’observation du quotidien mis en perspective.

Le tissu émotionnel humain placé dans un réseau d’expérimentation physique de la matière a ainsi contribué à la confection des spectacles de cette période. Dans ce qui commençait à se tisser comme une chronologie, deux textes du répertoire ont cependant été montés ; mais le choix de ceux-ci appartenait pleinement à la recherche temporelle en train de se mettre en place.

De cette époque, il y eut :
- 1988 : « La Théorie du Mouchoir » - Martine Wijckaert
- 1989 : « Le plus heureux des trois » - Labiche
- 1991 : « Les Chutes du Niagara » - Martine Wijckaert
- 1993 : « Mademoiselle Julie » - Strindberg
- 1994 : « La guenon captive » - Martine Wijckaert
- 1996 : « Nature Morte » - Martine Wijckaert

La transmission

Cette période, à l’heure actuelle encore en pleine action, a initié un cycle d’écriture propre au vrai sens du terme. La matière, l’espace conduisent à la question du temps qui les enserre et les façonne. C’est désormais du temps et de sa perception dont il sera fait matière. Et partant, des questions relatives à la place, la légitimité et l’inscription dans un mouvement historique.

Cette recherche s’est ouverte à l’occasion d’un travail scénaristique basé sur la double tétralogie des rois de Shakespeare où transmission et confrontation entre le temps historique et le temps fictionnel construisent la poétique. Au terme de ce travail d’adaptation, un véritable chemin d’écriture a commencé, par l’intermédiaire de l’incursion d’un personnage, celui de La Fille, tout à la fois initiatrice et objet singulier d’un vécu polémique et tumultueux déployé dans l’ici et maintenant du plateau qu’elle fait sien selon un baroud oratoire qui est sa raison même de (sur)vivre. Ce personnage a été à l’initiative de trois spectacles constituant une trilogie.

Construits en (auto)portraits controversés et successifs d’une histoire incertaine et en reconstruction permanente, ces trois spectacles se répondent évidemment et s’emboîtent même en des endroits qui pourraient être repérable, cependant que chacun d’entre eux peut se regarder comme un objet unique, en tant que moment particulier dans la turbulente introspection de la Fille.

Cette trilogie a initié une nouvelle méthode, celle de la recherche de la trace du dernier lieu ; et ainsi la faculté de « poursuivre » selon la dynamique d’une mise en abîme en devenir.

De cette époque en train de se vivre, il y a déjà eu :
- 1998 : « Et de toutes mes terres... » - Martine Wijckaert, d’après Shakespeare
- 2002 : « Ce qui est en train de se dire » - Martine Wijckaert
- 2005 : « Table des Matières » - Martine Wijckaert
- 2008 : « Le Territoire » - Martine Wijckaert